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    01 Aug La startup Take Eat Easy échouée, une résurgence coopérative possible: vers un changement radical d’investissement et de fonctionnement – Chapitre 1

    Depuis lundi, différents médias reprennent l’info: la startup Take Eat Easy est en redressement judiciaire. Les commentaires ne tardent pas à affluer. Pour certains, il ne s’agit que d’un juste retour des choses, Take Eat Easy représentait un ultra-capitalisme centralisé, captateur, limite esclavagiste. “Qu’ont-il fait avec les 10 derniers millions levés il y a à peine quelques mois? Pourquoi les cyclocoursiers sont-ils restés aussi longtemps non-assurés et quelles sont les options qui leur restent, désormais?”. D’autres expriment une tristesse quant à ce qui représentait à leurs yeux le fleuron de l’industrie disrupto-barbaro-flexible des startups, tout en exprimant un soutien affectif, voire transactionnel avec l’équipe fondatrice, en les remerciant de les avoir fait “rêver” et de leur avoir montré “la voie”. Quel que soit le camp, une constante: quel gâchis. À tout niveau. Humain, financier, logistique, d’évangélisation, d’image de marque. À travers cet article, nous aimerions soulever la possible existence d’une troisième voie, au-delà de la rage et de la tristesse.

    Qu’on se le dise, l’idée d’offrir des livraisons de repas en mettant la lumière sur des restaurants de qualité, de sucroît à vélo: l’idée est ingénieuse et était parfaitement exécutée. Presque 3 ans de développement, 16 millions d’euros ont été investis dans ce qui apparait comme un des seuls exemples de projet belge B2C (s’adressant directement aux consommateurs) qui ait dépassé nos frontières.

    De fait, implantée dans 20 villes, employant 120 personnes, travaillant avec 3200 restaurants et comptabilisant plus de 350,000 utilisateurs, à l’échelle belge, ces chiffres sont relativement vertigineux. Cela n’a manifestement pas suffi, ni pour le projet de se développer, ni de satisfaire les précédents investisseurs, ni de pouvoir en trouver de nouveaux qui puissent assurer, sous perfusion, la vague qui devait normalement suivre. En fait, personne ne peut dire que le projet ne se soit pas “bien développé”, il suffit d’en juger son expansion. Il ne s’est simplement pas développé “assez vite” pour espérer atteindre un taux de croissance et un chiffre d’affaire (les marges sur leurs livraisons cumulées) assez grand que pour pouvoir couvrir les coûts (et donc attirer de nouveaux investisseurs qui les accompagneraient pour la suite).

    À l’instar d’Uber qui se fait désintermédier par Arcade City, ne pourrait-on pas imaginer un Take Eat Easy co-détenu par ses acteurs principaux. Par acteurs principaux, nous entendons les équipes opérationnelles (management, RH, logistique, communication, marketing, finances), mais également les coursiers, les restaurants partenaires et les clients? Faire une coopérative foodtech nous semble être, non seulement à la pointe de l’innovation, mais également présenter de nombreux avantages et offrir une résilience (quasi-) sans faille. Chaque coopérateur aurait intérêt à ce que le service puisse continuer d’exister et n’hésiterait pas à en convaincre d’autres de les rejoindre. Les exemples de modèles coopératifs florissants ne manquent pas et démontrent leurs atouts. Il suffit de voir Enspiral, modèle de coopérative ouverte s’articulant autour de 15 “ventures” en son cœur réalisées par 1500 freelances aux profils multidisciplinaires. Chaque coopérateur contribue ainsi mensuellement, à discrétion, afin de financer les différents projets menés en interne. Toutes leurs décisions et l’allocation des budgets sont fait(e)s de façon collective. Plus proches de chez nous, la SMartBE, devenue la plus grande coopérative européenne, ou encore la BEESCoop, supermarché participatif et coopératif en pleine construction, qui met à l’œuvre ses clients, qui travaillent quelques heures chaque mois, pour bénéficier de prix avantageux sur des produits sains et de circuits courts. Sans évoquer les modèles collectifs présentés par Frédéric Laloux dans son ouvrage “Reinventing organizations” où des entreprises sont co-gérées et co-détenues par 50.000 employés. Ces modèles coopératifs ont trois avantages principaux: grâce aux décisions d’assemblées de coopérateurs émerge une responsabilisation des acteurs, car chacun est partiellement maître du destin du projet global, grâce à la documentation interne émerge une transparence des décisions et des finances: au plus les coopérateurs seront éclairés sur le contexte, au mieux ils effectueront leurs choix et grâce au cadre de co-gestion, une flexibilité peut entrainer une réactivité plus haute que dans un navire hiérarchiquement géré.

    Comme cet extrait trouvé au détour d’un article, citant Olivier Ezratty: il s’agit moins d’imposer un système collectiviste mais de sortir d’un système concurrentiel qui aboutit inévitablement au monopole, et de faire de ces services des Communs d’intérêt public.

    Un Deliveroo, pourtant capable de lever 200 millions d’euros depuis sa création n’est toujours pas rentable. “C’est une course folle après la croissance dans laquelle tout le monde pratique une politique de terre brûlée. Le but du jeu est de demeurer le premier car seul le premier continuera à être financé.

    Nous ne prétendons pas que ce modèle soit simple à implémenter, il amène plusieurs questions liées à la viabilité auxquelles seule l’implémentation réelle permettra de juger. Néanmoins, si la technologie et la motivation humaine sont disponibles, pourquoi ne pas tenter l’expérience. À notre avis, ce changement structurel de la part d’une startup échouée pourrait ne pas être le dernier, de plus en plus d’entre-elles seront amenées à reconsidérer cette piste coopérative, au-delà du système d’investissement traditionnel. Cet article n’a comme seul objectif d’émettre l’idée et de pouvoir étudier la faisabilité d’une telle implémentation.

    Ci-dessous, une liste de questions qui nous paraissent être critiques pour poursuivre cette étude de faisabilité et d’implémentation.

    • À qui appartiennent les technologies sous-jacentes (application, web, algorithmie, suivi des livraisons, etc.) ?
    • Est-ce que l’équipe fondatrice a le désir de tenter un tel modèle? Sans elle, cela risque d’être compliqué.
    • Quelles seraient les avantages et limites fiscal(e)s d’une telle coopérative?
    • Quid de la concurrence actuellement toujours sous perfusion d’investisseurs?
    • Vaut-il mieux commencer ce nouveau format avec trois villes et remettre à l’échelle par la suite?
    • Quel système de gouvernance implémenter? Quels parts attribuer et comment s’assurer d’une structure légale suffisamment légère pour conserver la flexibilité d’antan tout en permettant aux protagonistes de tenir le cap et la barre ensemble.

     

    Nous n’estimons pas être omniscients sur le sujet ou sur l’affaire Take Eat Easy, qui n’est qu’un cas parmi d’autres. Nous désirons simplement ouvrir la discussion et un espace de débat constructif à ce sujet, au sein duquel votre rôle en tant qu’internaute est primordial. Nous avons l’intuition qu’il serait sain de sortir de cette illusion individualiste qu’est devenue l’entrepreneuriat, un cadre où la vulnérabilité serait valorisée.

    Une chose est sûre: ces questionnements sont indubitablement partagés, en témoignent les nombreux commentaires lus ces derniers jours sur les réseaux, par Matthieu ou Nadia. Si cet article soulève un intérêt, nous nous engageons à en étudier la mise en place et les contraintes pratiques, tout en accueillant vos expertises et retours avec grand intérêt.

    ***

    Ce texte est issu du think-thank du collectif Hackistan, réseau de valeur-juste visant à émanciper des individus et à rassembler des ressources utiles pour des projets à haut impact sociétal et environnemental. Co-écrit par Pierre-Alexandre Klein et Raphael Beaumond.

    À noter que Joshua Vial, co-fondateur d’Enspiral, auteur de cet article sur les “capped-returns” -système d’investissement plus équitable-, sera en visite le 08 et 09 août prochains à Bruxelles. Plus d’infos et inscriptions: https://www.facebook.com/events/1160448090665691

    2 Comments
    • thomas B
      Posted at 11:11h, 07 August Reply

      Il existe également des plateformes d’investissements comme MyMicroInvest qui permettent de faire intervenir toutes les parties prenantes d’un projet (équipe, clients, livreurs, fournisseurs, …) sans pour autant devoir changer la structure de sa société en coopérative.

    • Sebastien Arbogast
      Posted at 11:52h, 07 August Reply

      J’adore l’effort intellectuel, mais je ne peux m’empêcher de souligner l’ironie des questions posées. “Take Eat Easy représentait un ultra-capitalisme centralisé, captateur, limite esclavagiste. “Qu’ont-il fait avec les 10 derniers millions levés il y a à peine quelques mois?”

      Que croyez-vous? Que les fondateurs ou les équipes sont parties avec ces millions siroter des pina colada au Costa Rica? Pour pouvoir lancer une nouvelle ville, il faut y organiser le recrutement et la gestion des coursiers, et celà coute de l’argent? Il faut assurer le support en live de cette nouvelle ville, répondre aux questions des clients, des restaurants et des coursiers, et celà coute de l’argent. Il faut démarcher des restaurants, parce que sans suffisamment de restaurants, les clients ne commandent pas et que ces restaurants ne nous contactent pas d’eux-mêmes, et démarcher ces restaurants, celà coute de l’argent. Il faut aussi onboarder ces restaurants, c’est-à-dire les accompagner dans la conception de leur menu, dans leur packaging, prendre des photos de tous les plats (la marque de fabrique de Take Eat Easy), parce que sans des menus bien conçus avec de belles photos, les clients commandent moins, ils ouvrent le site ou l’app, ils ne comprennent pas ce qui est offert, et ils ne commandent finalement pas. Et cet onboarding devinez quoi, eh oui, il coute de l’argent. Et ensuite bien sûr il y a le marketing, parce que quand les gens tapent “livraison restaurant à domicile” dans leur moteur de recherche, il faut qu’ils trouvent votre site, accessoirement plutôt qu’un autre, et cet achat de mots-clés, ce référencement, ça coute de l’argent. Et je n’ai même pas encore parlé du développement de tous les produits, pas seulement du site et de l’app pour commander, mais aussi de l’app pour les restaurateurs, de l’app pour les coursiers, du système de facturation, de tous les systèmes de gestion de données, de saisie des menus, de gestion opérationnelle des coursiers, et tout ça, ça coute… devinez… beaucoup d’argent.

      Je vais même vous dire, c’est purement et simplement un petit miracle de gestion et d’ingénierie qu’on ait réussi à faire tout ça avec aussi peu.

      Alors je suis le premier frustré par l’arrêt de Take Eat Easy. C’était non seulement mon principal employeur et client (et oui, je suis moi-même freelance) depuis plus d’un an, mais comme les fondateurs et toutes les équipes de Take Eat Easy, des commerciaux qui démarchaient les restos, aux opérationnels qui faisaient tourner la boutique, en passant par les développeurs qui ont développé les outils, les gestionnaires de produits qui ont conçu les interfaces, les secrétaires qui ont permis à tout le monde de faire leur travail, les gestionnaires de communauté qui ont répondu à toutes les questions, les opérateurs qui ont supporté les coups de stress du dimanche soir, et tous ceux que j’ai oubliés alors qu’ils étaient indispensables, comme eux tous, j’ai mis mon coeur et mes tripes dans cette magnifique dynamique. Et oui bien sûr les coursiers et les restos ont mis toute leur sueur là-dedans, mais eux ils vont pouvoir continuer, avec Deliveroo, avec Foodora, avec les autres. Parce qu’il faut arrêter de se raconter des histoires: autant je crois dûr comme fer dans la désintermédiation, dans les modèles collaboratifs latéraux, je suis même parti pour en faire ma carrière avec la recherche sur la blockchain, autant il faut se renseigner sur Arcade City: c’est vraisemblablement un cas de fraude comme il en existe tellement dans ce monde merveilleux (http://fusion.net/…/330436/christopher-david-arcade-city/). Et il faut arrêter de s’imaginer que les entrepreneurs ne sont que de doux rêveurs avec de belles idées, et qu’il suffit de reprendre ces idées, d’y remettre un peu de poudre de perlinpinpin et de les faire fonctionner. Entreprendre c’est prendre des coups dans la gueule, c’est résoudre 1000 problèmes par jour, c’est prendre des dizaines de décisions par heure, c’est faire des choix, c’est renoncer à faire des choses qui ont l’air fun sur le papier pour se concentrer sur l’essentiel, c’est travailler avec des clients exigeants, avec des partenaires pas toujours conciliants, avec des coursiers parfois roublards, c’est prendre des risques avec des employés pas toujours fiables, avec des investisseurs qui vous lachent au pire moment, avec des concurrents qui vous font des coups bas, avec des administrations qui ne comprennent parfois pas tout ce que vous amenez sur le marché, mais avec lesquelles on doit bien composer.

      Parce que derrière toutes ces difficultés il y a la satisfaction de créer des emplois différents, plus flexibles, plus égalitaires (demandez à tous les jeunes de banlieue qu’on faisait rouler combien de temps ils avaient galéré avant pour trouver un job honnête), plus épanouissants, et ne me dites pas plus rentables, sinon on n’en serait pas là. Le sentiment positif de faire travailler mieux des petits restos artisanaux qui cherchent la qualité, le bon produit, la bonne bouffe, pas seulement les petits kébabs miteux ou les pizzerias au rabais. Le plaisir d’apporter une offre nouvelle, qualitative, variée, plus saine aussi parfois, et surtout plus pratique, à des clients qui accordent de l’importance à tout ça, qui cherchent autre chose que le fast food et les plats préparés réchauffés au micro-ondes. Et le challenge intellectuel et managérial de chercher à équilibrer cette équation super compliquée entre non pas deux (comme Uber, Airbnb et les autres) mais TROIS communautés différentes, avec tout ce que ça demande d’ingéniosité, de réactivité, de résilience et de créativité.

      Alors oui, c’est évident: le monde va vers moins d’intermédiaires, vers plus de collaboration, et des technologies comme la blockchain et le mobile vont nous aider à aller vers ça. Mais attention aux utopies et aux contes de fées. Parce qu’il n’y a qu’en étant conscient de tout ce qu’apportent des boîtes comme Take Eat Easy qu’on peut mieux comprendre comment les faire vivre autrement.

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